Aperçu du projet
Ce projet, mené par la Coalition canadienne pour un système de santé écologique, est une initiative nationale pluriannuelle visant à améliorer la résilience du système de santé face à la chaleur extrême intérieure et à partager les résultats du projet avec les populations vulnérables. Cette étude vise à comprendre l’impact des températures intérieures élevées sur les résidents, les patients et les professionnels de la santé dans les établissements de soins de longue durée, les établissements de soins actifs, les cliniques et les établissements de soins à domicile partout au Canada.
La chaleur est l’une des principales causes de décès liés aux conditions météorologiques dans le monde. Dans les 12 plus grandes villes du Canada seulement, environ 670 décès supplémentaires sont survenus lors des périodes de chaleur extrême entre 2000 et 2020. Lors du dôme de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique, 619 décès ont été attribués aux températures intérieures extrêmement élevées et se sont produits dans des zones marginalisées et moins vertes. Les personnes les plus touchées étaient des personnes âgées atteintes de multiples maladies chroniques qui vivaient seules sans climatisation mécanique. De nombreux établissements de santé n’étaient pas équipés pour gérer les températures intérieures extrêmes, car ils manquaient souvent d’infrastructures de climatisation, de protocoles et de formation du personnel. Le secteur de la santé est également soumis à des pressions pour réduire son impact environnemental, ce qui complexifie la gestion de la hausse de la chaleur tout en respectant les objectifs d’émissions.
Cette étude s’appuiera sur une combinaison de données de surveillance environnementale et d’expérience humaine pour guider l’adaptation climatique à la chaleur intérieure dans les établissements de santé. Les données quantitatives comprendront des mesures de température et d’humidité intérieures provenant d’enregistreurs de données placés dans les chambres. Les données qualitatives seront recueillies par le biais d’enquêtes et de courtes entrevues avec des résidents, des patients et des professionnels de la santé. L’étude sera réalisée après l’obtention de toutes les autorisations d’un comité d’éthique de la recherche avant la collecte des données.
Objectifs et livrables clés du projet
Ce volet vise à doter les établissements de santé et leur personnel des outils et des connaissances nécessaires pour faire face aux chaleurs intérieures extrêmes. Grâce à des enregistreurs de données, des sondages chaleur-santé et de courtes entrevues, nous évaluerons l’état de préparation actuel et renforcerons les capacités à réduire les risques pour la santé liés à la chaleur. Des interventions à faible coût seront mises à l’essai pour favoriser des environnements de soins résilients et à faible émission de carbone.
Notre Comité consultatif national (CCN) est composé d’experts en médecine, en santé publique, en climatologie et d’organismes œuvrant pour l’équité. Le CCN apporte une contribution essentielle à la conception, aux outils et à l’application des connaissances de la recherche afin d’assurer la pertinence, la praticabilité et l’équité de ces travaux. Ce collectif national oriente le partage des connaissances et soutient notre impact collectif.
Des webinaires communautaires et des séances de planification de scénarios mobilisent les dirigeants locaux, les populations vulnérables et les partenaires intersectoriels pour co-concevoir des solutions de chauffage intérieur. La planification de scénarios forme les participants à anticiper les défis climatiques et sanitaires et à co-élaborer des stratégies d’adaptation locales.
Nous développons actuellement une série de ressources bilingues comprenant des images infographiques, des boîtes à outils, des vidéos et une trousse d’évaluation de la chaleur « donnez au suivant ». Ces outils aideront les professionnels de la santé à reconnaître, gérer et réduire les risques liés à la chaleur intérieure pour les patients et les résidents. Des séances de mobilisation nationales et régionales et des présentations lors de conférences assureront une large diffusion de ces ressources.
Notre projet s’appuie sur des évaluations et des actions concrètes menées dans des établissements de soins de longue durée, de soins actifs et de soins à domicile en Ontario, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse. Chaque site de démonstration joue un rôle crucial pour tester les interventions, évaluer les résultats et modéliser les soins résilients aux changements climatiques.
Des ateliers communautaires s’adresseront aux représentants des groupes vulnérables, où nous partagerons les résultats de notre projet et fournirons des ressources à partager avec leurs membres sur la meilleure façon de se protéger de la chaleur intérieure extrême.
Solutions chaleur-santé sobres en carbone
Avec la fréquence croissante des épisodes de chaleur extrême, de nombreux établissements de santé ne sont pas équipés pour gérer des températures intérieures élevées et l’humidité. Bien que les rénovations des bâtiments soient importantes (par exemple: nouvelles fenêtres, meilleure isolation et systèmes de refroidissement comme les thermopompes), elles peuvent être coûteuses, complexes à mettre en œuvre et non réalisables pour tous les établissements vieillissants.
Le projet Santé et chaleur met l’accent sur des solutions à faible émission de carbone et peu coûteuses qui peuvent être mises en œuvre dès maintenant dans les milieux de soins afin de soutenir les patients, les résidents et le personnel de santé. Ces solutions sont regroupées en trois catégories : approches passives liées au bâtiment, activités cliniques, ainsi que politiques et pratiques. Sans être exhaustive, cette liste présente certaines des approches les plus efficaces et les plus largement testées, selon la recherche et les experts. Ces solutions seront mises à jour au fil du temps à mesure que nous recueillerons de nouvelles connaissances dans le cadre du projet.
REMARQUE : Toutes les solutions ne conviendront pas à des niveaux plus élevés de température ou d’humidité, ni ne seront efficaces pour prévenir ou traiter les formes graves de maladies liées à la chaleur ou de coup de chaleur, surtout chez les personnes à risque (p. ex., ventilateurs, articles des trousses fraîcheur). Les solutions doivent être adaptées aux situations et aux personnes concernées.
BÂTIMENTS
L’habillage extérieur des fenêtres bloque le rayonnement solaire avant qu’il n’entre dans le bâtiment, ce qui en fait l’une des stratégies d’atténuation de la chaleur les plus efficaces. Il permet de réduire les températures intérieures, de diminuer le recours à la climatisation mécanique et d’améliorer le confort des occupants. L’habillage extérieur comprend notamment les volets (fixes ou ouvrants), les auvents, les débords de toit, les stores extérieurs et les voiles d’ombrage, ainsi que des dispositifs amovibles ou temporaires installés lors d’épisodes de chaleur. L’utilisation de matériaux de couleur claire ou réfléchissants peut améliorer davantage l’efficacité. L’habillage extérieur est particulièrement efficace pour les fenêtres orientées au sud et à l’ouest, surtout lorsqu’il est combiné à l’habillage intérieur et à des stratégies de ventilation.
Les arbres d’ombrage constituent une stratégie naturelle efficace pour réduire la chaleur autour des établissements de santé. En bloquant la lumière directe du soleil et en favorisant le refroidissement de l’air par évapotranspiration, ils abaissent les températures extérieures et réduisent la chaleur absorbée par les surfaces des bâtiments. Les arbres peuvent être plantés de façon stratégique pour ombrager les fenêtres orientées au sud et à l’ouest, les allées et les espaces extérieurs. Les arbres à feuilles offrent une ombre dense en été tout en laissant passer la lumière en hiver, contribuant ainsi au confort toute l’année. Ils améliorent également la qualité de l’air, réduisent l’éblouissement, enrichissent les espaces thérapeutiques et favorisent la biodiversité. Malgré des contraintes liées au temps de croissance, à l’entretien et à une efficacité surtout pour les étages inférieurs, ils représentent un investissement durable et à faible émission de carbone pour renforcer la résilience à la chaleur.
Les films pour fenêtres réduisent la chaleur intérieure en limitant le rayonnement solaire à travers le vitrage. Appliqués directement sur les fenêtres existantes, ces films minces diminuent les gains de chaleur, l’éblouissement et l’exposition aux rayons UV, sans bloquer la lumière naturelle ni nécessiter de modifications structurelles. Ils sont rapides à installer, ne consomment aucune énergie et conviennent bien aux milieux de soins où des rénovations majeures ne sont pas possibles. Les types courants comprennent les films de contrôle solaire, teintés, à faible émissivité, ainsi que les films d’intimité ou dépolis, certains étant amovibles pour un usage saisonnier. Les films pour fenêtres sont particulièrement efficaces sur les fenêtres exposées au soleil, notamment celles orientées au sud ou à l’ouest.
ACTIVITÉS CLINIQUES
Assurer un accès facile et fréquent à l’eau potable est une façon simple et efficace de réduire les maladies liées à la chaleur dans les milieux de soins. Une hydratation adéquate aide à réguler la température corporelle et diminue le risque d’épuisement dû à la chaleur et de coup de chaleur, en particulier chez les personnes âgées, les patients ayant des conditions médicales complexes et les travailleurs de la santé lors d’épisodes de chaleur extrême. De nombreux milieux de soins offrent déjà des solutions d’hydratation, notamment en installant des points d’eau dans les aires communes, en offrant des boissons lors des tournées cliniques et en veillant à ce que les personnes ayant des limitations de mobilité ou des troubles cognitifs reçoivent un soutien régulier pour s’hydrater. Les établissements peuvent également cerner les lacunes en matière d’accès à l’eau pour les patients, les résidents et le personnel. Toutefois, toutes les personnes ne peuvent pas augmenter leur consommation de liquides en toute sécurité; il est donc essentiel d’obtenir l’avis d’un professionnel de la santé. Lorsqu’elle est mise en œuvre de façon appropriée, l’amélioration de l’accès à l’eau constitue une intervention peu coûteuse et à faible émission de carbone qui favorise le confort et la sécurité lors de périodes de chaleur extrême.
Les gilets rafraîchissants constituent une option prometteuse et à faible émission de carbone pour aider le personnel de santé à gérer le stress thermique. Grâce à des matériaux à changement de phase ou à un refroidissement par évaporation, ils permettent d’abaisser la température de la peau. Des études et les premières expériences dans les milieux de soins montrent qu’ils peuvent réduire la contrainte physiologique, suscitant un intérêt particulier chez le personnel travaillant dans des environnements chauds comme les cuisines et les unités de réadaptation. Des considérations pratiques doivent toutefois être prises en compte, notamment l’ajustement, la taille, l’accessibilité, le poids et les préférences des utilisateurs, ainsi que la logistique liée à l’entreposage des blocs réfrigérants. Les exigences de prévention et de contrôle des infections (PCI) s’appliquent également : les gilets doivent être à usage unique ou entièrement désinfectables et peuvent ne pas convenir aux milieux chirurgicaux ou stériles.
Les ventilateurs constituent une solution peu coûteuse et écoénergétique pour favoriser le refroidissement par évaporation. Ils peuvent réduire la température ressentie pour les patients, les résidents et le personnel, notamment lorsqu’ils permettent de faire circuler de l’air plus frais provenant de zones ombragées ou de soutenir la ventilation croisée. Les exigences de prévention et de contrôle des infections (PCI) peuvent toutefois limiter leur utilisation dans certains milieux de soins, puisqu’ils peuvent disperser de la poussière ou des agents pathogènes, les rendant inappropriés dans les unités de soins aigus, les chambres d’isolement ou les espaces nécessitant un contrôle strict de la qualité de l’air. Leur utilisation dépend également de la configuration des unités, des besoins des patients et des systèmes de ventilation en place. Lorsqu’ils sont permis, les ventilateurs doivent être faciles à nettoyer, utilisés dans des contextes cliniques appropriés et positionnés de manière à ne pas souffler directement sur les patients. Leur utilisation doit également être évitée lorsque la température intérieure dépasse 35 °C.
POLITIQUES ET PRATIQUES
Les responsables de l’atténuation de la chaleur sont des membres du personnel désignés pour coordonner la préparation et l’intervention d’un établissement lors d’épisodes de chaleur extrême et assurer l’harmonisation des politiques afin d’éviter les lacunes de mise en œuvre. Ils veillent à l’application uniforme des protocoles dans l’ensemble des unités, notamment la surveillance des températures intérieures, l’ajustement de l’ombrage et de la ventilation, ainsi que la diffusion des alertes de chaleur. Ce rôle est particulièrement utile dans les milieux où les pratiques varient, où l’infrastructure de refroidissement est limitée ou lorsque le personnel a besoin de directives conformes aux exigences de prévention et de contrôle des infections (PCI). Les responsables peuvent également repérer et signaler les problèmes (p. ex., pièces surchauffées, inconfort des patients, impacts sur les équipements) et coordonner les interventions avec les équipes des installations, les équipes cliniques et la direction. Dans les milieux de soins de longue durée et les logements communautaires, ils peuvent aussi appuyer l’éducation des résidents et l’accès à des espaces rafraîchis. Le leadership clair et la responsabilisation assurés par ces responsables soutiennent l’ensemble du cycle d’intervention en cas d’urgence, de la prévention au rétablissement.
La planification par scénarios aide les établissements de santé à anticiper les épisodes de chaleur extrême et à préparer des réponses coordonnées avant que les risques ne s’aggravent. En élaborant des scénarios propres à chaque site, les équipes peuvent cerner les risques (p. ex., évaluation de la vulnérabilité, pannes d’équipement, pénuries de personnel ou de fournitures, pièces surchauffées), planifier l’ensemble du cycle d’intervention—de la prévention au rétablissement—et clarifier les rôles des équipes cliniques, des services techniques et de la direction. Elle permet également de déterminer les ajustements nécessaires aux politiques, aux infrastructures et aux processus, ainsi que les protocoles décisionnels. Par des exercices sur table ou des simulations propres à chaque unité, les équipes peuvent s’exercer à la communication, au déploiement des ressources et à la planification de mesures d’urgence. Ces exercices peuvent aussi servir à planifier l’interopérabilité entre les sites et la coordination avec les parties prenantes, y compris en cas d’évacuation. En répétant les interventions à l’avance et en mobilisant une diversité d’acteurs et de leaders communautaires, la planification par scénarios renforce la préparation et permet des actions plus rapides et plus assurées lors d’épisodes de chaleur extrême.
Les évaluations des risques axées sur la chaleur aident les établissements de santé à repérer les patients, le personnel et les espaces les plus vulnérables lors d’épisodes de chaleur extrême. Elles permettent d’identifier les pièces qui surchauffent, les unités disposant d’un refroidissement ou d’une ventilation limités, ainsi que les personnes présentant un risque clinique plus élevé, de même que les contraintes opérationnelles telles que les exigences de prévention et de contrôle des infections (PCI), la gestion du personnel soignant, et les défis liés au déplacement des patients. En repérant ces vulnérabilités à l’avance, les établissements peuvent prioriser des interventions ciblées et améliorer la coordination entre les unités. Des mises à jour régulières, intégrées aux activités courantes et à la planification budgétaire des différents services, peuvent renforcer la préparation, réduire les maladies liées à la chaleur et orienter les ressources là où elles sont le plus nécessaires.
Les plans d’atténuation de la chaleur intérieure offrent un cadre clair et coordonné pour réduire les températures intérieures et protéger les patients, les résidents et le personnel lors d’épisodes de chaleur extrême. Ils décrivent des mesures pratiques propres à chaque unité (p. ex., ajustement des stores, surveillance des températures intérieures et adaptation des flux de travail durant les périodes de chaleur intense), tout en favorisant une mise en œuvre cohérente dans des milieux aux capacités de refroidissement variables. Des plans efficaces tiennent également compte des exigences de prévention et de contrôle des infections (PCI), en précisant les méthodes de refroidissement permises dans les différentes zones cliniques. Ils peuvent inclure des protocoles de communication, des mécanismes d’escalade pour les pièces surchauffées et des lignes directrices pour soutenir les populations vulnérables, afin de réduire les maladies liées à la chaleur.
Webinaires et ressources (en anglais seulement)
Low-tech, High-impact Solutions to Heatwaves in Long-Term Care, Acute Care, Clinics, and Home Care Settings Across Canada

Resources
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